Etre enseignant au SAPAD, c'est quoi ?!

Le jeudi 18 mai 2017, la fédération nationale des PEP a proposé à différents coordinateurs du SAPAD (Service d'Assistance Pédagogique à Domicile) de venir participer à un temps de formation sur l'accompagnement des jeunes atteints de cancer.

 

Pour comprendre et connaître le quotidien des enseignants volontaires au PEP nous avons interviewé Alexandra CHAREL, administratrice à l'AD PEP 81 mais également enseignante SAPAD, intervenant depuis 12 ans pour notre association.

- Bonjour, peux -tu te présenter et nous décrire ton rôle au sein de l'AD PEP 81 ?

 

Alexandra : Bonjour, je m'appelle Alexandra CHAREL je suis enseignante en collège et lycée depuis 2003. J'ai commencé à m'investir pour l'AD PEP 81 en 2005, mon rôle est d'intervenir au domicile des élèves malades ou accidentés pour leurs faire cours.

- Pourrais-tu nous expliquer le dispositif SAPAD vu par ton expérience et ton point de vue ?

 

Alexandra : Le SAPAD est un dispositif géré conjointement dans le TARN par les PEP 81 et par l'Inspection Académique. Lorsqu'un jeune est en situation de maladie ou d'accident, ce dispositif permet d'assurer une scolarisation à son domicile ou en milieu hospitalier. Le coordinateur SAPAD assure aussi le lien avec l'établissement d'origine du jeune afin de préparer sa réintégration dans les conditions les plus favorables à son bien être. J'ajoute que les missions du SAPAD s'étendent à la fratrie du jeune  afin de soutenir au mieux ses frères et sœurs souvent impactés par la conséquences de la déscolarisation et de la maladie.


- Tu étais sur Paris la semaines dernière tu peux nous expliquer le but de cette rencontre PEP ?

 

Alexandra :  Dans le cadre de nos missions SAPAD, le coordinateur et l'enseignant peuvent rencontrer des situations éprouvantes. Dans cette perspective, la fédération des PEP a proposé une formation sur “l'accompagnement du parcours de vie du jeune atteint de cancer”.  Nous menons un travail conjoint avec La Ligue Contre Le Cancer du Tarn afin d'accompagner au mieux nos enseignants et nos élèves dans ce cadre. De fait, cette formation nous a semblé pertinente car elle nous offrait la possibilité de rencontrer des professionnels en oncologie ainsi que des universitaires spécialisés dans les incidences de la maladie sur la cellule familiale.

- Sur quels sujets s'est orientée cette formation ?

 

Alexandra :  Les sujet abordés ont été multiples. D'abord, la fédération nous a proposé une conférence sur le quotidien des jeunes malades. Il est effectivement important pour les intervenants SAPAD de comprendre précisément les manifestations du cancer, le déroulement du protocole médical et de la  prise en charge thérapeutique. 

Nous avons pu poser des questions sur les conséquences des traitements, sur les atteintes cognitives et sur les rythmes ou charges de travail à intégrer dans nos pédagogies. 

Ensuite, le sujet des disparités des moyens d'action du SAPAD en fonction des milieux ruraux ou urbains a été l'occasion de mener une table ronde. Enfin, cette formation a permis grâce au professeur Bouteyre d'identifier clairement les incidences du cancer sur la sphère familiale.


- Y a t-il eu beaucoup d'enseignants ou de coordinateurs SAPAD ?

 

Alexandra : Durant cette journée de formation ? Nous étions une trentaine me semble-t-il. Nous aurions pu être plus nombreux mais l'éloignement géographie pèse lourd dans l'absentéisme des coordinateurs et enseignants SAPAD.

- En quoi cette formation peut être utile pour les professionnels du SAPAD ?

 

Alexandra : Cette formation a permis d'une part, de formaliser le quotidien des coordinateurs et des enseignants SAPAD. D'autre part, elle a permis d'échanger entre nous et de confronter nos besoins tant en terme de moyens matériels qu'en terme de moyens humains. Une attente en ce qui concerne des formations pour les enseignants nous a semblé à tous visiblement légitime. En ce qui concerne le terrain à proprement parlé, j'attendais davantage de matière. J'aurais souhaiter en apprendre davantage sur la gestion et l'appréhension des troubles cognitifs des jeunes élèves atteints de cancer.


- Le fait de travailler au domicile te confronte directement au milieu familial du jeune, comment gères - tu cette proximité    ?

 

Alexandra : Travailler dans la cellule familiale est très certainement plus complexe à appréhender que les rencontres que les enseignants organisent dans l'enceinte d'un établissement scolaire. En effet, l'enseignant entre dans l'intimité d'une famille et chaque accompagnement est une nouvelle aventure. Il faut accueillir plusieurs fois par semaine le besoin d'expression des parents et les angoisses des enfants. De plus travailler chez le jeune impose à l'enseignant de s'adapter à l'environnement  : faire cours avec les frères et sœurs, avec la télé. Il faut composer avec le regard des parents, les interventions médicales de l’infirmière. Le positionnement aussi est à anticiper : comment faire cours lorsque le jeune est alité, nauséeux ? Ainsi oui travailler avec les familles chez elles nécessite un questionnement récurrent pour rester en alerte et adapter au mieux la pédagogie qui servira les motivations du jeunes.

-  Selon toi quels sont les points forts et les qualités nécessaires pour une enseignante SAPAD ?

 

Alexandra : Je dirais que j'ai en partie répondu à cette question précédemment mais que pour faire simple, l'enseignant SAPAD doit avoir des compétences en psychologie, avoir le sens du service à la personne, être disponible, savoir d'adapter et être dans l’accueil des besoins du jeune. L'enseignant SAPAD doit s'oublier quelque peu pour être vraiment à la disposition de l'apprenant en prenant en compte ses contraintes liées à la maladie et les incidences de celle-ci sur l’environnement de l'élève. Plus que tout, l'enseignant doit trouver des stratégies pour maintenir la motivation du jeune tout en lui donnant le sentiment d'avoir le contrôle sur ses apprentissages. Enfin, je pense que l'enseignant SAPAD doit garder en conscience que la maladie est présente, qu'elle peut entrainer une issue fatale et que donc il lui faut aussi travailler à conserver une forme de distance et d'acceptation.


-  Un dernier mot pour conclure cette journée ?

 

Alexandra : Les PEP offre la possibilité de servir les Droits des enfants et qu'un travail en profondeur est à mener pour que la prise en charge de la scolarité d'un jeune malade soit plus accessible aux familles, plus adaptées et que l'ensemble des intervenants bénéficient de modules de formation pratiques qui pourraient les rendre plus apte à appréhender certaines situations complexes.

Interview réalisée le mardi 30 Mai 2017 par MAROT Tom (Service Civique à l'AD PEP 81)

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