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« Fondements de la société inclusive. La place et le rôle de l’école. »

 

Charles Gardou, anthropologue et professeur à l’Université Lumière Lyon, où il est entre autre responsable scientifique du master spécialisé « Référent handicap », a présenté ce mardi 5 décembre à l’École des Mines d’Albi une conférence sur les fondements de la société inclusive et du rôle primordial de l’école à ce sujet.

Charles Gardou lors de la conférence

Dans un premier temps, M. Gardou a démontré pourquoi l’éducation est fondamentale pour sensibiliser au plus tôt les enfants sur la question du handicap (et plus globalement la différence).


Pour cela il explique : « Comment les rendre perméables à la différence si celle-ci leur est étrangère ? », il en résulte qu’il n’y a pas de société inclusive si pas d’école inclusive, et que l’école doit en premier lieu sensibiliser au plus tôt les enfants sur les notions de singularité, de différence et de handicap en leur apprenant qu'elles ne sont pas si rares et impliquent avant tout une personne de droits et non un objet de soin*, contrairement à beaucoup d'idées reçues.
 
Et pour l'appliquer, l’école devrait être ouverte à tous : c’est-à-dire une école qui s’adapte en fonction de chaque élève, et non l'inverse.

Si pour certains cette pensée leur paraît utopique, M. Gardou, qui reste très attaché à l’importance du choix des mots et de leur étymologie, décrit cela comme un horizon, défini comme des lignes imaginaires qui donnent la volonté d’avancer et non qui sont impossibles à atteindre.

Par la suite, il interroge le paradoxe de la société actuelle qui prône l’égalité mais hiérarchise chacun, qui veut « normaliser les anormaux »*, et non accepter la différence, qui pourtant fait la richesse humaine.


C’est de là que dans un deuxième temps M. Gardou a souligné la différence entre le nom inclusion et l’adjectif inclusif.
Étymologiquement, l’inclusion est liée à l’idée d’enfermement, de clôture et de réclusion : « présence d’un corps étranger dans un ensemble homogène auquel il n’appartient pas ».
En biologie par exemple, le terme « inclusion fœtale » signifie la présence d’un corps étranger au niveau du développement du fœtus.
En conclusion, le mot inclusion n’est pas du tout adapté, bien au contraire.
En revanche, l’adjectif « inclusif » s’oppose directement au mot « exclusif », sans vouloir à tout prix conformer chacun au même modèle.
Cette précision est importante car il se peut, même bien souvent, qu’un enfant en inclusion scolaire se sente « en exil »* à l’intérieur, car l'inclusion sous-entend changer pour appartenir à un groupe, à la différence de l’école inclusive, qui a pour but la reconnaissance de l'unicité de chacun des jeunes et non leur « normalisation »*.

 

Seulement, même si beaucoup sont dans l’optique d’école et de société inclusives, ce terme bouscule la conception du monde et des standards qui nous ont bien souvent été imposés et impliquent des enjeux politiques et économiques...mais donnent sérieusement à réfléchir.


 

"Vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la Terre n'est à personne."

- Rousseau

 

 

*termes de Charles Gardou


Sibylle Barré, service civique aux PEP 81

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